Blogalement vôtre…

février 28, 2008

Que DAL le Droit Au Logement opposable ?

Classé dans : Politique, Société — blogalement @ 2:44

Le droit au logement figurait déjà dans la constitution de 1946, mais il n’avait qu’une valeur purement théorique. Au cours des années 1980, le législateur a donc cherché à attribuer une fonction concrète à ce droit. Mais il semble qu’il ne se soit agi que d’une précision sémantique très poussive et peu efficace. La loi Quillot du 22 juin 1982 affirme par exemple que « le droit à l’habitat est un droit fondamental ».

            La loi Besson du 31 mai 1990 a sans aucun doute représenté une avancée concrète. Stipulant que « garantir le droit au logement constitue un devoir de solidarité pour l’ensemble de la nation », elle introduit une série d’aides au logement. Progrès donc, mais ce n’était pas suffisant. Jusqu’en 2007, le législateur s’est remis à patauger dans ses propres textes, des coquilles quasiment vides (en 2000 par exemple, on ajoute le qualificatif « décent » : il s’agit désormais d’un « droit à un logement décent »).

            Même si la notion de « droit au logement opposable » a surgi dès 2002, il a fallu attendre le coup médiatique de l’association Les Enfants de Don Quichotte à partir du 2 décembre 2006 (cf. billet « Dormir Dehors ») pour que son vote, sans cesse repoussé par des ministres manquant de courage ou ne croyant pas à son efficacité, soit officiellement annoncé par le président de la république Jacques Chirac lors de ses derniers vœux à la télévision le 31 décembre 2006. Rappelons que la campagne présidentielle pour sa succession avait déjà officieusement débuté.

            « Opposable » signifie en droit « que l’on peut faire valoir contre une tierce personne ou un tiers parti » (Le Nouveau Littré 2007), autrement dit, s’agissant du droit au logement, la loi du 5 mars 2007 permet de le faire valoir… mais contre qui ? Bien difficile de comprendre. A vrai dire, la nouvelle loi ne répond en rien à l’urgence de la crise du logement en France.  Tout d’abord, entrée en vigueur le 1er janvier 2008, elle ne concerne pour l’instant que les personnes dans les situations les plus difficiles (pour les autres, elle ne s’appliquera que le 1er janvier 2012 !). Quelles démarches faire ? Première étape, si l’on répond aux conditions (être de nationalité français ou en situation régulière, « ne pas être en mesure d’accéder par ses propres moyens à un logement décent et de s’y maintenir » et surtout avoir fait depuis très longtemps une demande infructueuse de logement locatif social HLM), on peut saisir une « commission de médiation » dans son département, laquelle doit rendre sa décision dans un délai de trois à six mois ! Seconde étape, si l’on n’a pas reçu d’offre de logement dans ce délai, on peut alors former un recours devant le tribunal administratif. Mais attention, cette seconde démarche n’est possible qu’à partir du 1er décembre 2008 !

            En plus de multiplier ainsi les complications administratives (restrictions des conditions pour prétendre à ce droit, délais d’attente ahurissants,), cette ultime mesure ne règle en rien le problème de pénurie de logements en France. On oublie souvent que chaque commune est obligée de construire 20 % de logements sociaux, sous peine d’avoir à payer une amende. Or, quelle est la ville qui a construit ces vingt dernières années le moins de logements sociaux ? Neuilly-sur-Seine, ville moyenne la plus riche de France et surtout fief de 1983 à 2002 d’un certain… Nicolas Sarkozy (la ville construit en moyenne 2,5 % de logements sociaux).

Jeudi dernier 21 février a eu lieu la « Nuit solidaire» pour le logement : 28 associations ont appelé à un rassemblement Place de la République à Paris. Environ 1800 personnes ont répondu à l’appel et 300 personnes ont même passé la nuit sur place. Il s’agissait de protester contre les propositions, jugées insuffisantes, faites le 29 janvier par le premier ministre, François Fillon. Ce dernier a annoncé 250 millions d’euros d’aides, alors que les associations estiment que l’effort financier devrait s’élever à 1,5 milliards. Même si certains militants reconnaissent des avancées, tous sont conscients qu’une pression continue doit être exercée sur les pouvoirs publics. En effet, comme le dit Didier Cusserne, le délégué général d’Emmaüs, « on ne peut pas vivre avec une couverture de survie ».

Qu’en pensez-vous ? Le droit au logement opposable est-il une bonne idée ou seulement un leurre ? Comment convaincre les communes riches de construire des logements sociaux plutôt que de payer une amende ? Pourquoi le gouvernement est-il aussi avare dans ses propositions financières pour reloger ceux qui dorment dehors ?

A lire, le texte sur le droit au logement opposable : http://www.logement.gouv.fr/IMG/pdf/DALO_01.08.pdf. A voir, le film des Enfants de Don Quichotte (Poudre aux yeux) : http://www.dailymotion.com/fr/featured/video/x4d8j5_poudre-aux-yeux_politics

 

Mathieu et Ana Laura

février 25, 2008

Sarkozy et la presse: Le Petit Nicolas et son mariage

Classé dans : Politique, Société — blogalement @ 12:13

Alors, ça y est. Le Président de la République et la mannequin-chanteuse se sont mariés. Ca s’est passé samedi 2 fevrier au Palais de l’Elysée. A part les fiancés, il n’y avait que les temoins de mariage et quelques amis très proches quand ils se sont dit « oui ». Cette nouvelle a été revelée à la mi-journée même dans une interview que le maire du 8ème arrondissement de Paris a accordée à RTL. C’est lui qui a marié Nicolas Sarkozy et Carla Bruni le matin.

Quand la nouvelle du mariage a commencé à circuler dans l’Internet, elle a tout de suite fait la une du « Spiegel Online », même avec un titre disant « Eilmeldung » (« dépêche »). D’autres journaux ont suivi immédiatement et ont rendu compte de tous les détails du mariage. C’est curieux quand-même qu’à nouveau, la vie privée du Président de la République est tellement médiatisée après son séjour au Parc Disney et ses vacances en Egypte, car cette fois-ci pas une seule caméra était présente. Je crois bien que nous devons changer d’avis sur notre hypothèse que M. Sarkozy incite les médias à le suivre partout.

En plus, le terme « Eilmeldung » qui indique normalement des évènements importants d’une très haute priorité, n’est-il pas un peu exagéré ? Jusqu’à présent, le génocide au Darfour a déjà coûté la vie à environ 400 000 personnes, mais je n’ai jamais entendu l’expression « Eilmeldung » en ce contexte…

Je crois qu’il revient aux médias d’enfin faire le bon choix entre les nouvelles ayant l’air d’être importantes et celles qui le sont vraiment. Mais les médias ne prennent pas cette peine ; ils aiment plutôt parler des belles choses, comme une ex mannequin dans une belle robe. Ainsi, ils ne sont pas obligés d’aborder des crises sociales et politiques. Ils ne doivent pas oublier que leur tâche est de faciliter la formation de l’opinion pour leur public, et pas d’attacher autant d’importance à des évènements pas forcément cruciaux pour le développement de ce monde.

février 10, 2008

Cité nationale de l’histoire de l’immigration

Classé dans : Société — blogalement @ 9:57

Cité nationale de l’histoire de l’immigration

En octobre 2007, la Cité nationale de l’histoire de l’immigration a ouvert ses portes. Située dans le Palais Porte Dorée au Bord de Vincennes à Paris, ancien site du Musée des Arts d‘Afrique et d‘Océanie, se présente – t – elle dans la manière suivante:

„Le but du musée est précisément, entre autres objectifs, de battre en brèche ces stéréotypes“.

Est – ce que cette idée ne semble, en regardant les problèmes actuels dans les banlieues parisiennes, qu‘une goutte d’eau dans la mer?

L‘exposé permanent „Repères“ montre les étapes de l‘immigration en France à l‘aide des objets, des œuvres et des contes personnels des immigrants, mais la Cité est plus qu‘un musée: Il y a aussi des expositions alternantes comme „Les Réfugiés Arméniens en Proche-Orient et en France“ ou „Portraits de migrations, un siècle d’immigration espagnole en France“, des évènements culturels, des conférences et discussions, une médiathèque, des films et des pièces de théâtre et la Cité se présente aussi dehors ses murs. Il y existe un réseau de partenaires et des manifestations en région et un projet didactique avec des activités pédagogiques pour les enseignants et les scolaires.
Comme l‘année 2008 est L‘Année Européenne du Dialogue Interculturel, le musée donne la possibilité de traiter ce thème d‘une manière concrète, éloignée des problèmes et des préjugés actuels et ainsi plus neutre que, par exemple, les quotidiens ou les reportages télévisés.
La cité essaye aussi d‘être un lieu des rencontres interculturels en organisant des expositions des jeunes artistes multinationaux.

Mais est-ce que cette idée est vraiment réalisable?

J‘aime l‘idée de montrer que l‘immigration n‘est pas un phénomène actuel qui ne provient que des guerres ou des énormes différences concernant les niveaux de vie dans le monde. L‘immigration était toujours partie de la vie humain, elle a toujours existé et elle va toujours exister. L‘imagination que chacun ait des ancêtres immigrés, crée une nouvelle discussion sur certaines idées: C‘est quoi, une identité nationale? Qui est étranger? Qu‘est-ce que c‘est, un Français?
Je trouve qu‘il soit énormément important de se poser telles questions et je crois qu‘un lieu comme la Cité nationale de l’histoire de l’immigration soit une première mesure.
Les expositions peuvent montrer que l‘immigration soit indispensable pour des échanges culturels, pour la vivacité des langues et pour une vie en paix car elle a pour corollaire une certaine compréhension entre les peuples.
Je suis sûr que les expositions soient très intéressantes et qu‘elles peuvent réussir des changements dans les pensées des visiteurs quant à certains préjugés ou réalités qui sont tout simplement tombés dans l‘oubli.

Mais la question qui, à mon avis, s‘impose est: Qui visite ce musée? Est-ce que ce ne sont pas des personnes qui s‘intéressent de toute facon à la multiculture?
Je crains que oui. Je pense que le musée donne un lieu pour estimer l‘immigration en la présentant liée avec l‘art et des débats, avec l‘amusement qui génère une jolie pièce de théâtre ou des jeunes immigrants qui parlent d‘une facon éduquée de leurs expériences dans leur nouveau pays.

Mais l‘immigration a aussi une deuxième visage: Il y a des problèmes énormes dans la société des immigrés: Des jeunes au chômage sans avenir, la violence et aussi la xénophobie. Et ce ne sont ni ces jeunes ni les xénophobes qui vont visiter la Cité nationale de l’histoire de l’immigration pour regarder les œuvres d‘eux qui ont réussi.

Pour résumer, je dis, que j‘aime beaucoup l‘idée de ce musée et que je le visiterai étant à Paris, mais que je ne crois pas que le but de „battre les stéréotypes“ soit accessible.
L‘Année Européenne du Dialogue Interculturel doit se monter plus fort. Il ne suffit pas d‘attendre des visiteurs intéressés pendant que l‘incompréhension complète et un caractère étranger s‘expriment dans des voitures brûlantes.

L‘exposition actuel est: Étranger – Fremder en France et en Allemagne du 19e siècle à nos jours

Katharina Fürstenberg

février 5, 2008

Les Enfants de Don Quichotte

Classé dans : Politique, Société — blogalement @ 2:54

Le 16 décembre 2006 la vue des berges du Canal Saint-Martin à Paris a radicalement changée: A la place des rues grises on retrouve 200 tentes rouges, qui serpentent dans une longue série à côté de l’eau verte du Canal.

C’ est une action à la fois d’aide et de protestation pour attirer l’attention de la population et de l’Etat français sur les problèmes, particulièrement graves en hiver, des personnes sans-abri et mal logées. La promotrice de cette opération est la nouvelle association de solidarité « Les Enfants de Don Quichotte », créee en novembre 2006 par Augustin Legrand, Pascal Oumakhlouf et Ronan Dénécé. Rapidement, beaucoup de personnalités de la vie politique et culturelle, comme François Bayrou et Jean Rochefort, approuvent en public le travail de l’association.

Un an plus tard, en décembre 2007, « Les Enfants de Don Quichotte » essaient d’ installer de nouveau un campement pour les sans-domicile-fixe, cette fois sur les bords de la Seine au niveau de Notre-Dame, mais la police interrompent l’installation et l’association doit laisser tomber le projet d’ une nouvelle réalisation.

En conséquence de ce conflit, Christine Boutin et François Fillon invitent des associations de solidarité le 18 décembre 2007 et, ce jour-là, le Premier Ministre annonce un contrat gouvernement-associations sur les SDF pour combattre les problèmes de l’ hébergement.

Pour le moment, l’espoir de la fin de l’année de trouver des solutions efficaces a été déçu, selon « Les Enfants de Don Quichotte ». A la suite de cette déception, le 30 janvier 2008, les 27 associations de solidarité invitées par le Premier ministre annoncent une première mobilisation nationale. Elles soutiennent les efforts de François Fillon qui veut engager une politique de prévention pour interrompre les processus qui conduisent à la rue, aider les personnes sans-abri à sortir de la rue et appliquer la loi sur le droit opposable au logement, mais d’après les organisations d’aide humanitaire les moyens annoncés ne permettront pas de mettre en oeuvre ces orientations :

«Alors que le nombre de logement insalubres à traiter est de 600.000, le Premier Ministre annonce un plan de réhabilitation de 100.000 logements en quatre ans. Alors que des miliers de personnes vivent à la rue et qu’ il faudra du temps pour résorber la crise du logement, aucune création de places d’hébergement n’ est programmée… ».[1]

Est-ce qu’ on a vraiment fait un pas en avant avec toutes ces discussions, ou est-ce que les partis s’éloignent de plus en plus et les solutions efficaces deviennent peu à peu introuvables, parce qu’ ils s’obstinent dans leurs idées ?

 

Mathieu et Ana Laura




[1] http://www.lesenfantsdedonquichotte.com/v4/pdf/20080129.pdf

février 3, 2008

Les sans-abri en Allemagne

Classé dans : Politique, Société — blogalement @ 10:22

On les trouve dans les stations de métro, à côté des supermarchés, dans les gares. Ils ne sont pas propes, leurs visages sont gris de poussière et leurs vêtements sont déchirés. Souvent ils puent tellement qu’on doit retenir son souffle. Il s’agit des sans-abri.

Selon la loi allemande, les sans-abri sont des personnes qui ne disposent pas d’ un logement loué avec un contrat de location. Cette définition comprend les personnes sans domicile fixe habitant chez des amis ou des parents ou dans les asiles et  les maisons d’accueil pour femmes. Selon les estimations de la « Bundesarbeitsgemeinschaft für Wohnungslosenhilfe » (le bureau de coordination fédéral pour l’ aide aux personnes sans domicile fixe) basé à Bielefeld 345.000 personnes étaient sans domicile fixe en 2004. Parmi eux, 55 % étaient des hommes, 23 % des femmes et 22 % des enfants.

Mais combien d’entre eux sont vraiment sur le pavé? On ne dispose que d’ estimations à ce sujet. Il n’existe pas d’études effectuées par l’Etat allemand qui pourraient éclaircir les estimations officieuses, bien que beaucoup d’ hommes politiques insistent sur la nécessité de ces études. Mais on n’a pas encore trouvé les moyens de leur réalisation. Comment est-ce qu’on peut recenser des personnes qui souvent mènent une vie de nomades et qui se cachent dans les coins sombres de la ville, dans les ruines, dans les parcs et sous les ponts? Il nous reste seulement l’ estimation de la « Bundesarbeitsgemeinschaft für Wohnungslosenhilfe » laquelle parle d’ un nombre de sans-abri en Allemagne, qui oscille entre 20.000 et 30.000 personnes.

En Allemagne il n’ y a pas de loi sur le logement comme en France. Un debat a eu lieu au parlement allemand, mais la proposition d’un droit au logement a été refusée parce que, selon le gouvernement allemand, l’Etat n’ a pas les moyens d’ offrir un logement à toutes les personnes sans domicile fixe.

Les causes de la situation des sans-abri sont très diverses: licenciement, crise familiale, maladie, endettement…  Mais on trouve dans la plupart des cas un point commun : la rue est le point culminant d’un long déclin social.

Le problème le plus grave, c’est que dans bien des cas les personnes qui se retrouvent sur le pavé ne réussissent pas à se remettre debout. Une fois à la rue, ils restent à la rue.

N’ y a-t-il personne qui trouve un moyen de sortir de ce cercle vicieux ? 

 

Mathieu et Ana Laura

janvier 29, 2008

Sarkozy et la presse: Le one-man show du Petit Nicolas, 8 janvier 2008

Classé dans : Politique, Société — blogalement @ 4:54

Le 8 janvier 2008, Nicolas Sarkozy a donné une conférence de presse au Palais de l’Elysée. Des centaines de journalistes ont suivi l’appel au cœur du pouvoir, rendus fébriles par l’attente des réponses de M. Le Président sur leurs questions les plus pressantes.

« Avec Carla, c’est du sérieux », constate-t-il. Oui, merci. Et la politique? Les Français attendent des résultats et des stratégies. Comment augmentera-t-il le pouvoir d’achat ? Comment lutter contre le chômage ? Quelles mesures la France adoptera-t-elle pour ralentir le changement climatique? En fait, on en apprend peu. Nicolas Sarkozy s’est caché derrière des multiples «Je veux… » et «Je vais…», comme dans une campagne électorale infinie.   

Plusieurs participants avaient l’impression que le micro était tendu à certains journalistes en priorité et que beaucoup de questions étaient accordées en avance. Les questions critiques étaient donc rares, et trop souvent, elles restaient ouvertes.

La relation entre la presse et le Président de la République est devenue redoutable: Sarkozy fait d’une question ce qu’il veut, et les journalistes s’en contentent. Comment a-t-il réussi à anesthésier les journalistes?

Sa stratégie est de les séduire avec son charme, avec des grands gestes. Il est amical face aux correspondants, il plaisante et les cajole. Lorsque ça ne marche pas, lorsque les questions sont plus sérieuses, il joue l’agressivité. Les prises de bec entre le Président de la République et les journalistes sont une tradition française, et Sarkozy est un maître. Avec délectation, il ridiculise et attaque les contradicteurs: Interrogé sur la situation des sans-papiers en France, il n’explique rien, mais s’indigne contre le terme utilisé par la journaliste «insultant pour ces malheureux». Il les accuse de populisme quand ils insistent sur son augmentation de salaire, il leur reproche de révéler sa vie privée pour mieux faire vendre leurs journaux.

Les critiques sont bafoués, et les autres? Bercés de la familiarité de Sarkozy, ils rient et se taisent. Il faudrait retrouver une culture de discussion objective et critique. Les journalistes ne doivent pas se laisser utiliser comme instrument de l’auto-promotion arrogante de M. Le Président.    

 

Inga, Hannah et Magdalena

janvier 24, 2008

Sarkozy et la presse: La Brunozy totale

Classé dans : Politique, Société — blogalement @ 10:06

La nouvelle année en France devrait voir venir un tas de réformes et d’actions politiques qui ont été promises par le président lors de sa prise de pouvoir. Mais ce que les médias rapportent dans les dernières semaines sur Monsieur le président a peu à voir avec la politique intérieure à laquelle il avait permis de se consacrer. Mais, c’est plutôt son nouvel amour, Carla, qui se trouve au centre de l’intérêt public.

La folie autour de Bruni et Sarkozy ne se limite pas à la presse française. Partout dans le monde, on suit avec curiosité les nouvelles du couple célèbre. La question qui se pose pour nous est à savoir pourquoi la vie privée du chef d’Etat est tellement présente dans la presse française et étrangère.

Est-ce le besoin des lecteurs – plus précisément leur goût du sensationnel – auquel les journalistes répondent? Ce couple célèbre a le potentiel pour attirer l’attention d’un large public: L’homme politique le plus important de France et la mannequin-chanteuse qui pétille de passion, c’est un mélange qui annonce des grandes histoires romantiques, des conflits, des scandales. Le consommateur d’aujourd’hui s’intéresse surtout aux côtés humains de V.I.P., que ce soit une star de rock ou un politicien. Nous sommes dans l’ère de la médiatisation de la vie personnelle, dans l’ère de la pipolisation. N’est-ce pas aussi la raison pour laquelle Brunozy domine la presse des semaines dernières? Certes, mais il y a quand-même quelqu’un qui a apporté sa contribution.

C’est Sarkozy lui-même qui provoque la couverture médiatique si détaillé de sa liaison avec Bruni. Si le président ne voulait pas qu’on fasse des photos de Carla et lui-même, pourquoi a-t-il séjourné avec elle dans des lieux touristiques comme le Parc Disneyland en décembre, l’Égypte et la Jordanie autour du nouvel an? Il pouvait être sûr qu’en y allant, il attirera le regard du public et il n’a pas fait de grands efforts pour se cacher des journalistes curieux. On a même un peu l’impression qu’il a choisi ces lieux publics pour se montrer fièrement avec son nouvel amour, ce régal pour les yeux! Sa tentative de se défendre, lors de la conférence de presse du mardi 8 janvier apparaît faible. Il n’aurait en effet «donné aucune instruction aux rédactions» qui obligeraient des photographes à le suivre dans ses vacances avec Bruni, se défend-il face aux journalistes qui lui reprochent de trop porter sa vie privée au public.

La manière dont Sarkozy se présente dans les médias est extraordinaire. Les Français ont des avis divergents. La baisse recente de sa popularité n’est pas seulement causée par sa politique ou l’économie faible. C’est plutôt à cause de sa manière de jouer au charmeur et au joli cœur que sa crédibilité abaisse.

Inga, Magdalena et Hannah

A coucher dehors

Classé dans : Politique, Société — blogalement @ 7:15

« Avoir un nom à coucher dehors ». Curieuse expression dont le sens d’origine a été oublié aujourd’hui. En effet, lorsqu’un voyageur était autrefois perdu et qu’il frappait à la porte de quelqu’un pour être hébergé pour la nuit, si le nom du malheureux ne sonnait pas assez « chrétien », on lui fermait la porte au nez. Le promeneur égaré se voyait ainsi condamné à dormir dehors.

Aujourd’hui, en France, et en particulier dans une grande ville comme Paris, ces dormeurs nocturnes ne se sont pas égarés, même si aujourd’hui, ils sont tous paumés. A Paris, on compte plus de 8000 « SDF » (Sans Domicile Fixe), euphémisme technocratique pour désigner les sans-abri, les sans-logis, ou comme on les nomme souvent avec un dégoût à peine dissimulé, les clochards, les clodos.

Dans une métropole mondiale comme Paris, où chacun court la tête baissée et les pensées ailleurs, où chacun se défend comme il peut contre les agressions urbaines (la pollution, le bruit) et ne contient souvent qu’avec peine ses pulsions violentes, dans cet espace surpeuplé où le seul vivre ensemble possible passe par le repli sur soi auto-défensif, c’est « tout naturellement » que chacun ignore et évite ces « petit tas tombés », comme les appelle Alain Souchon. « Attention piéton, une âme est sous ces cartons », chante-t-il.

Oui, attention. A Paris, un quart des hommes sans-logis ont un emploi, et pour la plupart un emploi fixe. Près de deux sans-logis sur dix sont des femmes, et une femme sans logis sur trois est accompagnée d’enfants !

Pendant la nuit du 15 au 16 décembre 2006, l’association Les Enfants de Don Quichotte avait installé près de deux cents tentes pour les sans-abri sur les berges du Canal Saint-Martin à Paris. S’invitant dans une campagne électorale présidentielle cruciale, leur action avait trouvé le soutien de nombreuses personnalités et débouché, le 5 mars 2007, sur la « loi sur le logement opposable ».

Mais la vague médiatique étant maintenant retombée (après un léger rebond lors de la vague de froid de début décembre 2007 où les « Don Quichotte » ont tenté une nouvelle action sur les bords de la Seine, en face de Notre-Dame !), et alors que la campagne des élections municipales est en train de s’ouvrir, sont-ils toujours aussi nombreux à devoir « coucher dehors » ? La situation s’ est-elle vraiment améliorée?

Mathieu et Ana Laura

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