Blogalement vôtre…

février 5, 2008

Sarkozy s’excuse pour la colonisation – ça ne suffit pas pour les Algériens

Classé dans : Non classé — blogalement @ 4:11

Le 3 Décembre 2007, Nicolas Sarkozy a voyagé en Algérie pour une visite officielle dans l’ancienne colonie française. Le motif central de ce voyage, ce sont des accords commerciaux avec l’associé commercial le plus important pour la France en Afrique. Le géant de l’énergie « Total » veut investir 1, 5 milliards dollars pour la construction de nouvelles raffineries de pétrole. L’entreprise « Gaz de France » veut viabiliser la campagne de gaz Touat, qui se trouve au Sahara algérien, avec un milliard euros. L’approvisionnement en gaz naturel de la France doit être garanti jusqu’à 2019 avec ce contrat franco-algérien.

 

L’apogée et la surprise de cette visite est probablement l’excuse de Sarkozy aux Algériens pour la période de la colonisation. Après avoir consacré une journée aux questions politiques, le président français a profité du deuxième jour pour consolider la coopération entre les deux pays. Au soir, Sarkozy a abordé la responsabilité de la France pendant la colonisation. Il a condamné le système colonial « injuste par nature » et d’être « une entreprise d’asservissement et d’exploitation », et a appelé à combattre à la fois le racisme, l’antisémitisme et l’islamophobie. Mais il a ajouté qu’on ne doit pas « nier le passé », et que « le futur est plus important ».

 

En se fondant sur les réactions des Algériens, on peut conclure qu’ils n’étaient pas vraiment satisfaits avec cette excuse. Yazid Zerhouni, le ministre de l’intérieur et l’un des plus proches collaborateurs de président Bouteflika a affirmé que « ce n’est pas assez » et que ce «n’est jamais, suffisant, mais un progrès ».  Cependant, le Ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner reste optimiste. Il pense que c’est bien que « le président algérien le dise fortement et que le président français exprime sa position, qui n’est pas forcément la même».

 

Donc, est-ce que cette visite était vraiment positive pour consolider les relations entre la France et l’Algérie ? Est-ce que le pauvre Nicolas a essayé de s’avancer vers le pays que la France a maltraité longtemps et de s’excuser de tout cœur ? Ou est-ce que c’était plutôt un essai gênant d’assurer des avantages économiques pour la France ?

 HelBel

Les Enfants de Don Quichotte

Classé dans : Politique, Société — blogalement @ 2:54

Le 16 décembre 2006 la vue des berges du Canal Saint-Martin à Paris a radicalement changée: A la place des rues grises on retrouve 200 tentes rouges, qui serpentent dans une longue série à côté de l’eau verte du Canal.

C’ est une action à la fois d’aide et de protestation pour attirer l’attention de la population et de l’Etat français sur les problèmes, particulièrement graves en hiver, des personnes sans-abri et mal logées. La promotrice de cette opération est la nouvelle association de solidarité « Les Enfants de Don Quichotte », créee en novembre 2006 par Augustin Legrand, Pascal Oumakhlouf et Ronan Dénécé. Rapidement, beaucoup de personnalités de la vie politique et culturelle, comme François Bayrou et Jean Rochefort, approuvent en public le travail de l’association.

Un an plus tard, en décembre 2007, « Les Enfants de Don Quichotte » essaient d’ installer de nouveau un campement pour les sans-domicile-fixe, cette fois sur les bords de la Seine au niveau de Notre-Dame, mais la police interrompent l’installation et l’association doit laisser tomber le projet d’ une nouvelle réalisation.

En conséquence de ce conflit, Christine Boutin et François Fillon invitent des associations de solidarité le 18 décembre 2007 et, ce jour-là, le Premier Ministre annonce un contrat gouvernement-associations sur les SDF pour combattre les problèmes de l’ hébergement.

Pour le moment, l’espoir de la fin de l’année de trouver des solutions efficaces a été déçu, selon « Les Enfants de Don Quichotte ». A la suite de cette déception, le 30 janvier 2008, les 27 associations de solidarité invitées par le Premier ministre annoncent une première mobilisation nationale. Elles soutiennent les efforts de François Fillon qui veut engager une politique de prévention pour interrompre les processus qui conduisent à la rue, aider les personnes sans-abri à sortir de la rue et appliquer la loi sur le droit opposable au logement, mais d’après les organisations d’aide humanitaire les moyens annoncés ne permettront pas de mettre en oeuvre ces orientations :

«Alors que le nombre de logement insalubres à traiter est de 600.000, le Premier Ministre annonce un plan de réhabilitation de 100.000 logements en quatre ans. Alors que des miliers de personnes vivent à la rue et qu’ il faudra du temps pour résorber la crise du logement, aucune création de places d’hébergement n’ est programmée… ».[1]

Est-ce qu’ on a vraiment fait un pas en avant avec toutes ces discussions, ou est-ce que les partis s’éloignent de plus en plus et les solutions efficaces deviennent peu à peu introuvables, parce qu’ ils s’obstinent dans leurs idées ?

 

Mathieu et Ana Laura




[1] http://www.lesenfantsdedonquichotte.com/v4/pdf/20080129.pdf

La mémoire de Guy Môquet

Classé dans : Non classé — blogalement @ 1:57

La mémoire de Guy Môquet

 

Lire la lettre ou ne pas la lire à la rentrée des classes ?

Cette une question qui ne semble pas très compliquée. Mais dans le cas de la dernière lettre écrite par Guy Môquet, c’est bien très compliqué. Dans le cas de cette lettre en effet, la question n’est pas simplement s’il faut la lire ou pas. La question est plutôt pourquoi la lire ? Qui décide quelles lettres on lit et pourquoi le président veut-il qu’on la lise ?

Un président a certainement beaucoup de chose à faire, il est plein d’obligations et de responsabilités. Mais une chose qui ne le concerne pas normalement , ce sont les programmes scolaires. En règle générale, elles sont élaborées par le ministère de l’éducation nationale et aussi par les professeurs eux mêmes. Donc, ce sont bien eux qui se sentent marchés sur les pieds maintenant. Ils se plaignent que « les élèves, qui ont tendance à manquer de repères temporels, vont tout confondre » et que « parler de Guy Môquet avec [des] secondes, qui étudient actuellement la Grèce antique, est aberrant. » Une autre critique est la « vacuité » du texte qui est bien considéré émouvant et pathétique mais aussi « historiquement pauvre », car il est d’ordre privé et ne mentionne aucunes circonstances politiques et historiques. Est-ce donc la responsabilité de l’école de faire lire cette lettre sans aucune valeur d’histoire-géographie ? N’est-ce pas le rôle d’école d’éduquer les élèves pour qu’ils deviennent des adultes capables de se pencher avec un esprit critique sur l’histoire ? Les réactions des profs sont assez  fortes : « Le rôle de l’école n’est pas d‘inculquer l’amour de la patrie. » et « Un prof doit apprendre à analyser, pas séduire les esprits avec du pathétique. »

« Je doute que cette idée de sacrifice pour la patrie soit un exemple pour la jeunesse en ces temps d’actualité terroriste. » Guy Môquet, le terroriste suicidaire de nos jours ? C’est certainement dépasser les bornes, mais il semble que Sarkozy avec son action essaye de contourner la confrontation avec le contexte politique de la lettre. C’était emblématique que dans son discours à Paris, le 18 mars 2007, il a déclaré qu’il voulait que cette lettre soit lue « non comme la lettre d’un jeune communiste, mais comme celle d’un jeune Français faisant à la France et à la liberté l’offrande de sa vie, comme celle d’un fils qui regarde en face sa propre mort. » Voilà, là le Président a officiellement révélé qu’il ne veut pas d’analyse critique de cette lettre. Mais pourquoi ? Pourquoi est-ce qu’on parle de « sacrifice », d’« offrande », d’« amour », mais on ne revient pas sur les raisons de cette mort ?  Toutes les indications signalant l’engagement politique du jeune Guy, de son père et des autres otages sont soigneusement évités autant que l’expression « communiste ». Même l’appellation « camarade » des communistes est quelque part remplacée par le « compagnon » des gaullistes.

Nicolas Sarkozy a dit qu’il accordait « à l’amour de la patrie plus de valeur qu’au patriotisme de parti. » Mais cacher l’arrière-plan de la lettre de Guy Môquet est tout à fait autre chose. La préconisation inconditionnelle de « l’amour de la partie » sans donner des informations essentielles concernant le contexte politique est fortement négligent et même dangereux. Comme Pierre Schill, professeur d’histoire-géographie à Montpellier, articule dans son article, écrit pour Libération : »les collaborateurs ou les pétainistes l’étaient aussi par « amour de la patrie ». » Schill finit son article avec une citation de Condorcet concernant des héros historiques. « Je préfère leur histoire plutôt que leur éloge ; car on ne doit aux morts que ce qui est utile aux vivants : la vérité et la justice. »

Donc, lire la lettre ou ne pas la lire  ?

Cette question ne devrait pas devenir une question de principe disputée aux dépens de la mémoire de Guy Môquet. N’oublions pas que après tout Guy Môquet était un garçon qui est mort à l’age de 17 ans. Ne laissons pas cette mémoire être abusée comme instrumentalisation de l’histoire au profit du politique. La vérité et la justice, c’est bien ce qu’on doit à Guy Môquet et aussi aux élèves.

Hanna 54111

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