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février 4, 2008

La réforme des régimes spéciaux de retraite: la question ne se pose pas!

Classé dans : Politique — blogalement @ 7:26

Comme l’avait annoncé la candidat Nicolas Sarkozy lors de la dernière campagne présidentielle, les régimes spéciaux de retraite ont fait l’objet d’un projet de réforme dès la rentrée 2007. A ce sujet, le ministre du travail, Xavier Bertrand, a rappelé à diverses reprises au cours des mois de septembre et octobre 2007 que l’ objectif était « d’harmoniser, pour le présent et pour l’avenir, les principaux paramètres de ces régimes avec ceux de la fonction publique. »  Voici les différentes mesures envisagées par le ministère du travail pour mettre en place cette harmonisation:

Ø       Passage de 37,5 à 40 ans de cotisation d’ici 2012. La durée de cotisation pourrait toutefois être portée à 41 ans si l’allongement de la durée de cotisation que prévoit le gouvernement pour le régime général entrait en vigueur avant cette date.

Ø       Instauration d’un système de décote et de surcote de manière à récompenser les salariés qui décideront de travailler plus longtemps et, bien sûr, à pénaliser ceux qui opteront pour une retraite anticipée.

Ø       Indexation du montant des retraites sur les prix et non plus sur un salaire de référence calculé sur les 6 derniers mois d’activité.

Ø       Suppression de l’âge obligatoire de départ à la retraite.

Ø       D’autres mesures comme l’ aménagement des conditions de travail, la création d’un régime additionnel donnant un complément de retraite, le rachat d’ années d’ études et des dispositions favorables à l’emploi des seniors avaient été prévues mais devaient encore faire l’objet d’une concertation particulière avec chaque entreprise.

De la fermeté dans les négociations !

Le moins que l’on puisse dire, c’ est que le ministre en a fait preuve dans cette réforme. A tel point d’ailleurs que l’on serait en droit de se demander si une négociation a véritablement eu lieu …

En effet, lors de la présentation de son projet de réforme aux différentes organisations syndicales le 21 octobre 2007, Xavier Bertrand avait clairement fait la distinction entre les points de la réforme succeptibles de faire l’objet d’un débat et ceux sur lesquels il n’était pas question de revenir.

Ainsi selon les termes de monsieur Bertrand « un socle de principes communs » avait été préalablement défini et la discussion était pour ainsi dire close concernant l’allongement de la durée de cotisation, l’instauration du système de décote et de surcote, l’indexation du montant des retraites sur les prix et la suppression de l’âge obligatoire de départ à la retraite, en bref l’ essentiel de la réforme…

C’est bien cette absence de débat qui a provoqué l’indignation des salariés relevant des régimes spéciaux qui, malgré l’insistance du ministre sur sa volonté d’ ouverture et de dialogue, sont restés persuadés que le gouvernement cherchait à faire passer en force cette réforme.

 Bernard Aubin, secrétaire général de la CFTC-cheminots déplorait, lui aussi, ce défaut de concertation et qualifiait à l’issue de la rencontre entre le ministre du travail et les organisations syndicales, la méthode du ministre de « simulacre de négociation ». Alors ne nous y trompons pas! Pour répondre à la question d’une de nos lectrices qui se demandait si en répondant présent à l’appel des syndicats à la grève, les salariés refusaient d’abandonner un droit que les politiques et les médias préfèrent appeler un privilège, disons que les travailleurs ont décidé de manifester leur mécontentement ni par habitude, ni par réaction d’ enfants gâtés qui ne comprennent pas que « Maman n’a plus les moyens de céder à tous leurs caprices”. Non, ils avaient compris dès l’annonce de Nicolas Sarkozy pendant la campagne électorale que la nécessité de cette réforme était de toute évidence considérée comme acquise et qu’il ne servirait à rien d’y opposer quelque argument que ce soit, aussi pertinent soit-il. En fait, avec les mouvements de grève et de protestation comme celui du 18 octobre 2007, il s’agissait plutôt de signifier au gouvernement qu’ils ne se laissaient pas duper par ses discours et l’obliger à entamer cette-fois de véritables négociations pour qu’au moins cette réforme soit mise en œuvre de manière progressive. Malheureusement, on sait aujourd’hui que le gouvernement a eu raison de cette résistance… Il faut admettre qu’il a usé d’une tactique on ne peut plus efficace, comme nous le verrons dans notre prochain et dernier billet…

Sylvie et Vera, 5411

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