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janvier 29, 2008

Guy Môquet

Classé dans : Non classé — blogalement @ 11:30

Commençons par une brêve histoire : Qui était Guy Môquet ?

Guy Môquet est né le 26 avril 1924 á Paris. Il est le premier fils de Prosper et Juliette Môquet. Tous les deux sont originaires de la Manche. Ancien combattant de la Grande Guerre, Prosper Môquet (1897-1986) entre à la SNCF où il milite activement à la fédération unitaire des cheminots. Membre du PCF depuis 1926, il est élu député dans le 17e quartier parisien des Epinettes, situé du côté de Clichy en 1936. Il est l´un des 72 députés communistes du Front populaire. Le 26 septembre 1939 le PCF est dissous en raison de son soutien au pacte de non-agression signé en août entre l´Allemagne nazie et l´Union soviétique. Des dirigeants communistes sont alors emprisonnés. Prosper Môquet a été arrêté le 10 octobre 1939 et condamné à 5 ans de prison. Il est ensuite déporté, en mars 1941, avec d’autres députés communistes, au bagne de Maison-Carrée en Algérie. A l´époque, le jeune Guy Môquet, élève au lycée Carnot, excelle dans les disciplines sportives, plaît aux filles et écrit même, à l’occasion, des poèmes. L’arrestation de son père fait renforcer la fougue militante du jeune homme. Réfugié avec sa mère et son frère dans la Manche, il revient alors seul à Paris et entretient une correspondance avec son père dont il s’efforce d’obtenir la libération. En Novembre 1940 il écrit une lettre au président de l’Assemblée nationale Édouard Herriot pour demander la libération de son père. Etant tout seul à Paris, il milite avec ferveur au sein des jeunesses communistes réorganisées clandestinement. En plus il aide à distribuer des tracts reflétant la ligne politique de son parti en 1940. Il est donc très actif à ce temps là. A l’âge de seize ans Guy Môquet est arrêté, au métro gare de l’Est par trois policiers français dans le cadre du décret-loi Daladier du 26 septembre 1939 interdisant la propagande communiste, puisqu’ il a distribué des tracts contre la guerre impérialiste. En plus on veut lui faire livrer les compagnons de son père. Bien qu’acquitté, il est emprisonné à Fresnes et à Clairvaux pour ensuite être transféré au camp de Choisel à Châteaubriant le 15 mai 1941. C´est à Châteaubriant où sont retenus tous les opposants à l’Allemagne et aux collaborateurs, considérés comme terroristes, agitateurs ou simplement communistes. Il est à la baraque 10, la baraque des jeunes, où il se lie amicalement avec Roger Sémat et Rino Scolari. Ce dernier, un peu plus âgé que lui, deviendra un des responsables FFI (Forces françaises de l´intérieure) au moment de la Libération de Paris en août 1944.

Le 20 octobre 1941, trois jeunes communistes assassinent le commandant allemand des troupes d’occupation de la Loire-inférieure Karl Hotz à Nantes. En guise de représailles, l’Occupant décide de fusiller 50 otages. Le ministre de l’Intérieur du gouvernement de Vichy, Pierre Pucheu, propose une liste comprenant essentiellement des communistes dont 27 prisonniers du camp de Choisel, parmi lesquels Guy Môquet est le plus jeunes. Il n´a que 17 ans. Parallèlement, vingt et une autres personnes sont fusillées à Nantes et à Paris. Guy Môquet va mourir. Quelques minutes avant d’être conduit sur le lieu d’exécution, alors rassemblés avec ses camarades dans la baraque 6, il écrit une dernière lettre poignante à sa famille :

http://tempsreel.nouvelobs.com/speciales/politique/elections_2007/20070516.OBS7505/la_lettre_de_guy_moquet.html

Le 22 octobre 1941, les vingt-sept otages sont fusillés, en trois groupes, dans la carrière de la Sablière, à la sortie de Châteaubriant. Ils avaient refusé qu’on leur bande les yeux et, dans leur dernier souffle, crièrent « Vive la France », « Vive le Parti Communiste «, « A bas Hitler ! ». Le corps de Guy Môquet est par la suite transporté au cimetière parisien du Père Lachaise pour être inhumé aux côtés de son frère et de sa mère. A titre posthume, Guy Môquet est chevalier de la Légion d’honneur et est titulaire de la Croix de Guerre et de la Médaille de la Résistance.

Les fusillés de Châteaubriant deviennent un enjeu de mémoire dès les premiers mois de la Libération. Dans sa lettre, Guy Môquet n’accuse ni ses bourreaux ni le destin, et on ne peut que souligner la force et le courage de ce jeune résistant français, mort pour son pays.

Luise Beier 54111

4 commentaires »

  1. Voilà une biographie très dense qui trace la vie de ce jeune communiste, exellente référence pour les résistants francais pendant la deuxième guerre mondiale.
    Je suis curieuse de decouvrir le deuxième billet d’ici peu afin d’apprendre encore plus de choses concernant ce thème.
    Vera 54111

    Comment par blogalement — janvier 29, 2008 @ 12:44 | Répondre

  2. Quelle lettre…
    On lit une biographie, un exemple d’une lutte incroyable. Et on lit la lettre et cette histoire d’une vie devient réelle. Imaginez, c’est un jeune de 17ans qui l’a écrite avant d’être assassiné… ce n’est pas la voix d’un garcon. C’est une voix adulte qui sait plus de la vie que nous tous.

    Annika Liebich 54111

    Comment par blogalement — janvier 31, 2008 @ 3:48 | Répondre

  3. Très juste, Annika. Je trouve aussi que Guy Môquet semblait être plus âgé que 17 ans. Ce qu´il a subi dans sa vie courte n´était que des poursuites et des accusations. Néanmoins il a fait toutes ces choses (distribution des tracts etc.) en conviction profonde, même s´il savait qu´il vit en danger. Et il pouvait être sur de l´amour de sa famille ce qu’explique aussi une lettre si émouvante.

    Luise 54 111

    Comment par blogalement — février 6, 2008 @ 3:10 | Répondre

  4. Ce que je trouve extrêmement remarquable sur cette lettre est le fait que Guy Môquet semble être plus concerné avec les destins de sa famille que avec son propre destin, qui était tout à fait la mort. Dans cette situation, fâce à son propre mort il se démande si ses affaires seront envoyés à sa famille pour que son frère puisse les porter. Je trouve cela très emouvant. P eut-être c’est la réaction humaine. Quand on a accepté notre destin, et ca doit être plus facile quand on est imbu de ce qu’on fait, on n’est plus inquiet pour soi même, mais plutôt pour ceux qu’on aime et on se demande s’ils peuvent accepter ce destin aussi. A mon avis, cela rend cette lettre si emouvante et donne cette grandeur à Guy Môquet.
    Hanna 54111

    Comment par blogalement — février 8, 2008 @ 10:56 | Répondre


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